Interdiction (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XV e siècle, interdition. Emprunté du latin interdictio, « , défense ». Action d'interdire ; résultat de cette action. Interdiction formelle, absolue. Prononcer, annuler, lever une . L'importation de ces marchandises est frappée d'interdiction. Cette de construire lèse nos intérêts. Interdiction de stationner. L' des accès de la ville. Un panneau d'interdiction. Tir d'interdiction, destiné à empêcher l'ennemi d'atteindre ou d'occuper un objectif, une zone. . Mesure législative, règlementaire ou judiciaire qui fait défense à quelqu'un de continuer à exercer certaines fonctions ou certains droits. Cet officier ministériel a été frappé d'interdiction. Fixer la durée d'une . Interdiction temporaire, définitive. L' des droits civiques, civils et de famille accompagne la condamnation à certaines peines. Interdiction professionnelle. Interdiction légale, peine accessoire qui accompagnait certaines peines criminelles, et selon laquelle la gestion de son patrimoine était retirée au condamné et remise à un tuteur. Interdiction de séjour, défense faite à un condamné libéré d'aller ou de résider dans certaines zones. Interdiction judiciaire, civile ou, simplement, interdiction, ancien nom du régime d'incapacité auquel était soumis un majeur reconnu dément par jugement, et qui est remplacé aujourd'hui par le régime de tutelle des majeurs.


Interdiction d'un prêtre, voir . Titre célèbre : L'Interdiction, d'Honoré de Balzac (1836).


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Action d'interdire. "L' d'un genre de commerce. Cette blesse des intérêts qu'il eût fallu ménager."
Il signifie particulièrement Défense, perpétuelle ou temporaire, de continuer l'exercice de certaines fonctions, faite par sentence ou arrêt, par décision d'une autorité supérieure. "Cet huissier a été puni d'interdiction. On lui défendit à peine d'interdiction, à peine d' de sa charge... Fixer la durée d'une ."
En termes de Jurisprudence criminelle, "Interdiction des droits civiques, civils et de famille," Privation, déchéance totale ou partielle des droits civiques, etc., prononcée par le juge contre celui qui a été reconnu coupable. "Interdiction légale," Celle qui résulte de la condamnation à certaines peines, telles que les travaux forcés, la détention, la réclusion, etc. "Interdiction de séjour," Défense faite à un condamné libéré de se présenter dans les lieux dont l' lui a été prononcée par jugement.
INTERDICTION se dit également, en termes de Jurisprudence civile, de l'Action d'ôter à quelqu'un la libre disposition de ses biens, et même de sa personne, quand on reconnaît qu'il est en état d'imbécillité, de démence ou de fureur.
"Interdiction ecclésiastique." Voyez INTERDIT.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Action d'interdire, d'empêcher, de prohiber. Frapper d'interdiction.
VOLT.: « Cette de remontrances [du parlement] sous Louis XIV pendant près de cinquante années est une partie curieuse de l'histoire »
RAYNAL: « Ils se plaignent tous les jours des entraves que l'envie nationale, la manie des s et des prohibitions, les petites spéculations du négoce exclusif ne cessent de mettre à leur activité »
RAYNAL: « On eut recours à la funeste voie des s »
    Interdiction de commerce, défense de faire le commerce avec une nation contre laquelle l'État est en guerre.

 2   Tout ordre qui porte défense à un officier ou à un corps soit ecclésiastique, soit civil, d'exercer les fonctions de son ministère. L' d'un fonctionnaire public. On lui défendit à peine d' de sa charge....

 3   En jurisprudence criminelle. Interdiction des droits civiques, civils et de famille, privation totale ou partielle des droits civiques, civils et de famille, prononcée contre l'individu reconnu coupable.
    Interdiction légale, celle qui résulte de la condamnation à certaines peines, telles que les travaux forcés, la détention, la réclusion, ou même de certaines condamnations purement correctionnelles.
    Terme d'histoire romaine. Interdiction du feu et de l'eau, formule que l'on employait pour condamner à une espèce de mort civile ou de bannissement.
MONTESQ.: « Toutes les lois de Sylla ne portaient que l' de l'eau et du feu »

 4   En jurisprudence civile, action d'ôter à quelqu'un la libre disposition de ses biens, et même de sa personne, quand on reconnaît qu'il est hors d'état de se conduire. Provoquer l' d'une personne. Demande en .
    Interdiction ecclésiastique, voy. INTERDIT.

 5   Terme féodal. Interdiction par veuvage, prohibition faite à la femme noble, devenue veuve, d'aliéner, sans le consentement de ses enfants, les biens qu'elle tenait de ses propres parents.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
P. PITHOU: « Quelques monitions, excommunications ou s que le pape puisse faire, les sujets.... »

ÉTYMOLOGIE
    Lat. em, de interdicere, interdire.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Défense, prohibition. "L' d'un genre de commerce. Cette blesse des intérêts qu'il eût fallu ménager."
Il signifie particulièrement, Défense, perpétuelle ou temporaire, de continuer l'exercice de certaines fonctions, faite par sentence ou arrêt, par décision d'une autorité supérieure. "Cet huissier a été puni d'interdiction. L' d'un fonctionnaire public. Les actes que fait un officier pendant son sont nuls. On lui défendit à peine d'interdiction, à peine d' de sa charge... Fixer la durée d'une ."
En Jurispr. criminelle, "Interdiction des droits civiques, civils et de famille," Privation, déchéance totale ou partielle des droits civiques, etc., prononcée contre celui qui a été reconnu coupable.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit également, en Jurisprudence civile, de L'action d'ôter à quelqu'un la libre disposition de ses biens, et même de sa personne, quand on reconnaît qu'il est en état d'imbécillité, de démence, ou de fureur. "Provoquer l' d'une personne. Demande en . Jugement d'interdiction. Il ne peut procéder en justice qu'il n'ait fait lever l'interdiction, qu'il n'ait obtenu la mainlevée de son ."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Défense par Sentence ou Arrêt à un Officier de faire aucune fonction de sa Charge, ou à une Cour de juger. "Il a obtenu un Arrêt d' contre ce Présidial. Les actes que fait un Officier pendant son sont nuls. On lui défendit à peine d'interdiction, à peine d'interdiction de sa Charge." ....
"Interdiction," se dit Des Officiers de Justice; et "Interdit," Des choses saintes.
Il se dit encore en général De la suspension des fonctions d'un Office par ordre du Supérieur.
On dit aussi: "Interdiction du commerce. Un Arrêt d' contre un prodigue. Il ne peut procéder en Justice, qu'il n'ait fait lever l'interdiction."



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Défense par Sentence ou Arrêt à un Officier de faire aucune fonction de sa Charge, ou à une Cour de juger. "Il a obtenu un Arrêt d' contre ce Présidial. Les actes que fait un Officier pendant son sont nuls. On lui défendit à peine d'interdiction, à peine d' de sa Charge."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit Des Officiers de Justice; & "Interdit," Des choses saintes.
On dit aussi, "Interdiction du commerce. Un Arrêt d' contre un prodigue. Il ne peut procéder en Justice, qu'il n'ait fait lever l'interdiction."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

INTERDIRE, v. act. INTERDIT, s. m. ["In-têrdik-cion", "dîre": 2e "ê" ouv. 3e lon. aux deux derniers.] "Interdire", c'est 1°. défendre "à". 'On "lui a interdit" l'entrée de cette maison.
- 2°. Défendre par sentence aux Éclésiastiques l'exercice de leurs ordres, et la célébration des Sacremens et du service divin. '"Interdire un" Prêtre, "une" Église, "une" Ville, etc. = 3°. Défendre à des Oficiers de Justice d'exercer leurs charges. En termes de Palais, c'est défendre à un particulier de contracter, de disposer de son bien, pour cause d'incapacité ou de dissipation. 'On "l'a interdit", on "l'a fait interdire".
- 4°. Étoner, troubler, déconcerter. En ce sens, il ne se dit que dans les tems composés: 'La peur "l'avait" tellement "interdit", que, etc. 'Il "était" si "interdit", qu'il ne répondit pas un seul mot. 'Il demeura tout "interdit". = "Interdiction" ne se dit proprement que dans le 3e sens, et "interdit" dans le 2d: 'Défendre à peine "d'interdiction". 'Mettre une Église, une Ville "en interdit". = On dit aussi, " du" comerce; arrêt d'"interdiction" contre un prodigue, etc.~
   REM. 1°. "Interdire" se conjugue comme "dire", excepté la 2e persone du pluriel du présent, où il faut dire "interdisez", et non pas "interdites". = Pour l' aoriste, "Andry de Bois-Regard", "Th. Corneille", "La Touche", "de Wailly", etc.~ n'admettent que "j'interdis", il "interdit", etc. "Ménage" est seul de son sentiment, pour "interdisis", "interdisit", etc. Dans le "Dict. Gram." on se contente de dire qu'"interdis" est le meilleur. Ce n'est pas assez dire: il falait avertir que c'est le seul bon.
   2°. "Bossuet" fait régir "à interdire" l'ablatif (la prép. "de") qui est le régime de "bannir". 'Elles devoient "être interdites" (bannies) "de" toute la vie Chrétienne.
- Ce régime est inusité. = "Interdire" régit plus régulièrement la prép. "de" devant l'infinitif. 'La nature n'"a" pas "interdit aux" femmes "d' être" raisonables, sensibles, honêtes, vertueûses. "Marm." 'Pourquoi "seroit-il interdit aux" autres nations, en s'engageant dans la carrière que les Grecs ont frayée, "de pénétrer" au delà des bornes, où ils se sont arrêtés. L'Ab. "Langier".



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Defense par sentence, ou arrest a un Officier, de faire aucune fonction de sa charge, ou à une Cour de juger. "Il a obtenu un arrest d' contre ce Presidial. les actes que fait un Officier-durant son sont nuls. on luy defendit à peine d' de sa charge".
"Interdiction," se dit des Officiers de Justice, & "Interdit," des choses saintes.
On dit aussi, "Interdiction du commerce. un arrest d' contre un prodigue. il ne peut continuer qu'il n'ait fait lever l'interdiction".




Emplacement dans le dictionnaire :

intercellulaire
intercepté
intercepter
interception
intercesseur
interconnexion
interconnexion
interdépendance
interdépendant

interdire
interdit
intéressant
intéressé
interessé
intéressement
interesser
intéresser
interest
intérêt
interface




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...les effets de l'adoption, sur l'administration du tuteur et ses rapports avec le pupille, sur le rôle du conseil de famille vis-à-vis du premier et du second, sur le rôle des parents dans les cas d'interdiction et de conseil judiciaire. Cette partie du droit civil a donc pour objet de déterminer la manière dont se distribuent les différentes fonctions familiales et ce qu'elles doivent être dans leurs...


Citation n°2 de Jules MICHELET (Sur les chemins de l'Europe)

...rester au coeur de la ville. Ceux-ci, ayant tout intérêt à la protéger, soutinrent vaillamment l'assaut. Ils virent, sans faiblir, leurs maisons tomber une à une en ruines. Le plus cruel, ce fut l'interdiction de les relever. Le vainqueur, profondément irrité d'une aussi longue résistance, punit les vaincus, en leur défendant le travail dans la banlieue. C'était pour ces malheureux un ordre d'exil. La...


Citation n°3 de Numa-Denis FUSTEL DE COULANGES (La Cité antique)

...beaucoup. à mesure que le culte d'une divinité nouvelle s'introduisait dans la cité, il fallait trouver dans l'année un jour à lui consacrer. Ce qui caractérisait ces fêtes religieuses, c'était l'interdiction du travail, l'obligation d'être joyeux, le chant et les jeux en public. La religion athénienne ajoutait : gardez-vous dans ces jours- là de vous faire tort les uns aux autres. Le calendrier n'était...


Citation n°4 de Numa-Denis FUSTEL DE COULANGES (La Cité antique)

...la patrie fût bien précieuse ; car les anciens n'imaginaient guère de châtiment plus cruel que d'en priver l'homme. La punition ordinaire des grands crimes était l' exil. L'exil était proprement l'interdiction du culte. Exiler un homme, c'était, suivant la formule également usitée chez les grecs et chez les romains, lui interdire le feu et l'eau. Par ce feu, il faut entendre le feu sacré du foyer ; par...


Citation n°5 de Pierre-Joseph PROUDHON (Qu'est-ce que la propriété ?)

...et le droit de succession, et le droit de donation, etc., sinon le droit de devenir propriétaire par la simple occupation ? Que sont vos lois sur l'âge de majorité, l'émancipation, la tutelle, l'interdiction, sinon des conditions diverses par lesquelles celui qui est déjà travailleur acquiert ou perd le droit d'occuper, c'est-à-dire la propriété ? ... ne pouvant en ce moment me livrer à une discussion dé...


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